Ma vie en supermarché. Episode 2
Quand je me suis réveillée ce matin, de bonne humeur (oui la grass' mat a souvent ce genre d'effet sur moi), il était 10h14. Mais comme j'avais encore beaucoup de temps devant moi, je suis restée à paresser au lit jusqu'à presque 11h. Je pensais que comme je ne travaillais que l'après-midi, le risque d'avoir la guigne était amoindri.
Que nenni!!!
Il est 14h43, je m'apprete à partir, et dans un souci de vouloir être à la mode (genre c'est la première fois de ma vie), je me dis que mon sac ne va pas avec ma tenue. Alors changement de sac en 4eme vitesse. Au passage un chewing gum dans la bouche et à 14h46 je me rue hors de l'appart. Et 4 étages descendus à toute vitesse plus tard, je m'aperçois que j'ai oublié ma montre. Bon fais chier, mais je vais pas me retaper 4 étages pour ça, je demanderai l'heure. Arrivée à la voiture, "où est ma veste?"
Et MER**!!!!!! Là j'ai plus le choix, je dois remonter. Et plus vite que ça ou sinon je vais être à la bourre. 4 étages montés et descendus plus tard, je peux enfin partir. J'arrive avec 2 minutes d'avance (vive le timing). Je monte vite fait au bureau prendre ma caisse. Et là dans mon casier, il y a ma caisse, mais pas ma tite saccoche rose (oué je sais trop de la chance d'avoir une saccoche rose). Outiiiiiiinnnn sans saccoche, je vais pas aller loin, la clé de ma caisse est dedans. Je retourne dans le bureau et derrière le bureau de "madame la Patronne", une saccoche rose, je regarde le chiffre: 9. YESSSS. Mais merde, elle me le revaudra de m'avoir causé une presque crise cardiaque.
Bon aller on se bouge!!!! J'installe ma caisse, dis bonjour à ma collègue que c'est trop un amour (oui il en existe quelques specimen, mais sont en voie d'extinction) et je suis partie en reserve. Mon patron vient de m'ignorer mais j'ai l'habitude. Et en arrivant la flemmardise me prend; 1 palette d'entretien à installer.
Fais ch***!
Mais faut s'y mettre, alors je m'y mets. Les cartons s'enchainent et d'un coup, en rentrant à la reserve je croise ma patronne qui en sort. Elle me fait un big smile qui me fait lui pardonner ma presque crise cardiaque. "Bonjour Marjorie, comment ça va?" Et en plus le ton y est, on dirait même que ça l'interresse de savoir comment je vais. Alors c'est pas trop le moment de lui dire que je vis une journée de merde, donc je colle le même big smile sur mon visage et je reponds: "Super!" Ca a l'air de lui aller. En rejoignant ma palette, je me demande pour la 151ème fois pourquoi est-ce que je pense à Addie quand je vois ma patronne? Mis à part les cheveux je vois pas. Tant qu'on y est y'aurait pas McSteamy dans les parages?
Toujours dans mes pensées, j'attrape un pack de 4 barils de lessive pour le mettre dans mon chariot quand ce conn*** de film plastique qui les tenait ensemble lâche. Imaginez la scène au ralenti comme dans un film naze, et dans la chute précipitée de mes barils au fond du caddie, ajoutez un poignet droit déboité. Chui seule dans la reserve, c'est bon je peux lâcher un "P*tain" bien sonore.
Quand j'arrive à mon rayon avec ma patte folle, chui appelée en caisse. Super.
Ah, vous vous attendez à une nouvelle catastrophe en caisse c'est ça? Et ben non, pour cette fois, la catastrophe c'est pas chez moi que ça arrive mais à côté de moi. Une cliente qui explose sa boite d'oeufs à la caisse voisine. Y'en a partout: par terre, sur la caisse et pour une fois je me dis que Dieu existe pour que ça n'arrive pas à moi.
Enfin, j'aurai mieux fait de me taire...
Une fois de nouveau de rayon, je passe à 2 mètres d'une bouteille de M.Propre. Ca vous semble banal, vu que je bosse dans un rayon entretien et bien apparement cette bouteille précise m'a attendue. J'en suis sûre, elle a attendu que j'arrive pour se péter la gueule par terre et s'exploser au milieu de l'allée (là aussi ça marche la scène au ralenti. Vous pouvez même rajouter une musique triste pour exprimer tout mon désarroi). Mais heureusement qur ce coup là j'ai pu utiliser mon joker: Stéphane (le gars du poisson). Vous allez me dire, quel rapport avec ma bouteille de M.Propre (qui était bleue si ça interresse quelqu'un)? Et bien Stephane est le conducteur d'une machine très interressante pour nettoyer les sols. Donc je l'appelle à l'aide, puis comme il avait personne au poisson, et que j'ai fait un grand sourire, il est parti chercher sa machine. Déjà un souci en moins. Un coup de serpillere pour faire les coins où la machine a pas pu aller et c'est comme neuf.
Même si c'était une journée pourrie, ce fut une journée productive car j'ai réussi à finir ma palette toute seule. Je regarde ma montre: 18h. Zut j'ai encore une heure à faire. Et d'un coup 3 de mes collègues arrivent et je me fais engueuler par ce que ma marchandise "traine". Genre ya 3 paquets de PQ et un carton de boites de conserve à côté d'un combi (truc pour stocker les marchandises). Le pire c'est que j'ai même pas touché à ces trucs aujourd'hui, mais bon j'ai rien dit. Je me dis parfois que certaines de mes collègues me supportent seulement parce que je suis nouvelle et qu'on leur a demandé d'être patientes avec moi. J'imagine pas l'ambiance quand j'aurai appris mon boulot comme il faut.
Donc plus de marchandise à mettre, ya toujours quelque chose à faire, et ce sera encore un jour où j'aurai même pas le temps d'aller faire pipi (oui versez une larme pour ma pauvre vessie). On me dit de placer l'huile en promo en tête de gondole (ce mot me fait toujours rire, je sais pas pourquoi). Très bien, alors elle est où cette huile (Mamour se dit qu'elle est dans mon cul, je le sais)?
OMG!!! Ya des milliers de bouteilles sur cette palette ou quoi? Si je prends un caddie, je vais mettre 10ans. Mais déjà une de mes collègues (désolée je ne cite pas de nom, au cas où je serai lue par des connaissances) m'attend avec une machine. Et là, d'un coup je le sens mal. Il faut que j'amène la palette entière en rayon. Ah et oui, la palette ne vole pas encore, il faut que je la traine avec cette machine à tirer les palettes (le nom de cette fameuse machine m'échappe, mais promis je demanderai le nom pour vous le dire). Le problème c'est que c'est aussi maniable qu'un 15 tonnes. Enfin quand je regarde les autres, c'est simple, mais evidemment quand c'est mon tour ça l'est moins. Je pense qu'l faut carrément un permis spécial pour cette machine. J'essaye d'appliquer les conseils qu'on m'a donné "Tu tires et tu t'en vas" (Mamour aurait été avec moi, ç'aurait été fou rire assuré)
Bref, l'huile est arrivée à destination et je fouille dans mes poches pour trouver l'étiquette quand je me souviens qu'il faut que je passe à l'accueil prendre l'étiquette 'promo'. Trop de choses à retenir pour mon cerveau de blonde donc je ramène d'abord la palette avec l'huile qui reste à la reserve avant de partir à la recherche de ces étiquette. Je trouve la bonne rapidement (pour une fois) et je regarde le pris: 1,84e. Ah mer**, les étiquettes de ma poche disent 1,85. Je regarde ma montre: 18h52
J'ai pas besoin d'une autre tuile, donc je retourne en reserve et j'ai de la chance de trouver une collègue. "Je fais quoi de ces étiquettes, c'est pas le même prix?"
Réponses: "Tu les mets dessous". Bon ça va ça prend pas longtemps pour faire ça.
Vite vite, je fais ma caisse et je me tire. Paske demain, trop de chance, je bosse à 8h30. Et j'espère vraiment par avoir une matinée comme l'aprem que je viens d'avoir.
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